Qualifier le workflow avant de choisir un pattern
Je commence par quatre questions :- Le chemin est-il prévisible ? Une séquence fixe favorise une chaîne. Quelques intentions connues favorisent un routeur.
- Quel est le coût d'une mauvaise action ? Une recherche en lecture seule tolère davantage d'exploration qu'un workflow qui modifie un enregistrement ou contacte un client.
- Quel état faut-il conserver ? Une requête ponctuelle peut rester stateless. Un processus long peut exiger checkpoints, reprise et transitions explicites.
- Que faut-il pouvoir auditer ? Si un opérateur doit reconstruire une décision, les outils, preuves, contrôles de politique et validations doivent devenir des événements structurés.
Faire correspondre l'architecture à la structure des décisions
Quatre patterns couvrent une grande partie des cas d'usage en entreprise :Chaîne déterministe
Une chaîne convient lorsque les étapes et leur ordre sont connus : valider l'entrée, récupérer des preuves, générer une réponse, appliquer la politique, puis répondre ou escalader. Chaque étape possède un contrat typé et le modèle n'intervient que là où l'interprétation est nécessaire. C'est généralement le meilleur point de départ, car les tests et les responsabilités restent lisibles.Routeur et workers spécialisés
Un routeur est pertinent lorsque les demandes appartiennent à des domaines distincts exigeant des prompts, sources ou outils différents. Le routeur prend une décision de classification limitée, il ne résout pas le problème. Chaque worker ne reçoit que le contexte et les permissions utiles à son domaine. Une sortie sûre traite les cas ambigus au lieu d'imposer un choix peu fiable.Planificateur et exécuteur
La planification devient utile lorsque la séquence dépend des informations découvertes pendant la tâche. Le planificateur propose des étapes bornées, puis l'exécuteur les réalise sous contraintes d'outils et de budget. Un vérificateur contrôle la complétude et les preuves. Cette flexibilité augmente aussi le nombre d'états à évaluer, le risque de boucle et la surface d'injection.Graphe avec état
Un graphe convient lorsque des transitions métier, validations, retries ou processus longs doivent être modélisés. Les nœuds représentent des opérations explicites et les arêtes les transitions autorisées. Les checkpoints permettent la reprise, tandis que les interruptions introduisent une validation humaine avant les actions sensibles. Ce pattern fonctionne particulièrement bien lorsqu'un workflow combine services déterministes et décisions guidées par un modèle. Mon étude de cas sur le RAG Equity Research Agent illustre une orchestration par graphe entre retrieval, données de marché et synthèse. Elle montre pourquoi chaque branche doit posséder un contrat observable plutôt qu'une boucle autonome opaque.Définir les frontières d'état, de mémoire et d'outils
L'état ne doit contenir que les informations nécessaires pour poursuivre le workflow. Je distingue :- l'état de la requête, comme le plan actif et les preuves récupérées ;
- l'état durable du workflow, comme les validations et actions terminées ;
- la mémoire utilisateur, qui exige une finalité, une durée de conservation et un mécanisme de suppression ;
- les données analytiques, qui ne doivent pas devenir silencieusement de la mémoire applicative.